- Une caméra thermique détecte un écart, une caméra thermographique mesure : seuls les modèles « T » portent un seuil d’alarme en degrés.
- La portée à retenir est celle de la cible normalisée de 0,5 × 0,5 m (ST DEC 19.005), environ la moitié de celle annoncée sur une cible d’un mètre.
- Un certificat CNPP couvre des références, des optiques, une version de firmware et une date de fin de validité. Les quatre se vérifient à la date du projet.
- La conformité se joue aussi à l’installation : alimentation EN 54-4, contact d’alarme câblé en direct, détection de masquage, accès HTTPS.
Sur un site de stockage de déchets, de bois ou de palettes, une montée en température se repère bien avant la moindre flamme. La caméra thermographique est l’outil naturel de cette surveillance, souvent exigée certifiée CNPP par les assureurs.
Encore faut-il que la certification tienne jusqu’au bout. Un modèle mal choisi, une portée lue sur la mauvaise cible ou un contact d’alarme passé par un switch suffisent à la faire tomber. Voici ce qu’il faut vérifier, de la référence à la mise en service.
Thermique ou thermographique : ce qui change
Une caméra thermique forme une image à partir du rayonnement infrarouge : elle détecte une présence ou un point chaud, sans réellement mesurer. Une caméra thermographique est étalonnée pour mesurer la température de chaque point de l’image et déclencher une alarme sur seuil, sur écart ou sur variation.
Chez Hikvision et HikMicro, la distinction se lit dans la référence : le suffixe « T » désigne les modèles radiométriques. Une même série, déclinée en deux versions, montre l’écart.
| Référence | Usage | Plage de mesure | Précision |
|---|---|---|---|
| HM-TD2638 | Thermique, alarme sur écart | −20 à +150 °C | ±8 °C |
| HM-TD2638T | Thermographique | −20 à +650 °C | ±2 °C ou ±2 % |
● Une seule lettre d’écart
Sur un bon de commande, les deux références se confondent facilement. Le HM-TD2638 ne peut pas porter un seuil de plusieurs centaines de degrés et n’entre pas dans la certification. Vérifiez la référence complète, suffixe de génération compris.
La portée qui compte : celle de la cible normalisée

Les fiches produit annoncent des distances flatteuses, exactes mais mesurées sur une cible souvent d’un mètre de côté. La spécification technique CNPP ST DEC 19.005, qui encadre la détection de chaleur par caméra, retient une cible de 0,5 × 0,5 m : c’est la seule valeur opposable pour dimensionner une installation certifiée.
Sur une même optique, la cible d’un mètre double pratiquement la distance :
| Modèle | Cible 0,5 × 0,5 m (ST DEC 19.005) | Cible 1 × 1 m |
|---|---|---|
| HM-TD2628T-3 | 29 m | 58,3 m |
| HM-TD2628T-7 | 59 m | 116,7 m |
| HM-TD2628T-10 | 81 m | 162 m |
Portées certifiées de la gamme HikMicro, sur la cible normalisée :
| Modèle | Résolution | Optiques | Portée certifiée |
|---|---|---|---|
| HM-TD1228T | 256 × 192 | 2 / 3 / 7 / 10 mm | 16 / 29 / 59 / 81 m |
| HM-TD2628T | 256 × 192 | 2 / 3 / 7 / 10 mm | 16 / 29 / 59 / 81 m |
| HM-TD2638T | 384 × 288 | 4 / 8 / 10 mm | 36 / 63 / 83 m |
| HM-TD2168T | 640 × 512 | 5 mm | 43 m |
| HM-TD2668T | 640 × 512 | 10 mm | 83 m |
Ce qu’un certificat CNPP couvre réellement
Un certificat CNPP n’est pas un label de marque. Il porte sur une liste fermée de références, d’optiques et de résolutions, avec une version de firmware et une date de fin de validité. Ce qui n’y figure pas n’est pas couvert, même si la gamme voisine l’est.
| Certificat | Références couvertes | Fin de validité |
|---|---|---|
| 32.20.221 | DS-2TD2137T, 2167T, 2637T, 2667T ; HM-TD2168T, HM-TD2638T, HM-TD2668T | 29/03/2029 |
| 86.24.221 | DS-2TD2628T, HM-TD2628T | 01/04/2027 |
| 81.23.221 | DS-2TD1228T, HM-TD1228T | 18/12/2026 |
| 82.23.221 | Séries DS-2TD55xxT et HM-TD55xxT | 18/12/2026 |
Le 32.20.221 l’illustre : sa version de 2023 ne couvrait que la gamme DS-2TD et expirait le 29 mars 2026. La version renouvelée, en vigueur depuis le 30 mars 2026, intègre la génération HikMicro et les révisions ST DEC.19.005 A et DEC.17.04 B. Un dossier monté avec l’ancien document présenterait une pièce périmée.
● Ce qu’il faut relever sur le certificat
Numéro et date de fin de validité, référence et optique exactes, firmware testé (5.5.348 pour la gamme HM-TD sur le 32.20.221) et conditions certifiées (−25 à +70 °C, IP66), qui priment sur la fiche produit.
Les exigences d’installation à respecter
La certification du produit ne suffit pas : l’annexe de mise en œuvre du constructeur fixe les conditions dans lesquelles elle reste valable sur un site. Sept points reviennent systématiquement.

- Relais 1 en normalement fermé pour le défaut technique, masquage et perte d’alimentation : une caméra coupée doit se signaler d’elle-même.
- Relais 2 dédié à l’alarme de température, configuré en NO ou NF selon la centrale.
- Contact d’alarme câblé en direct jusqu’à la centrale, sans switch, convertisseur, boîtier de report ni fibre.
- Alimentation sur une source certifiée EN 54-4, ce qui fait trois liaisons par caméra : alimentation, réseau et contact.
- Détection de masquage activée et armée en permanence, avec report vers le centre de surveillance.
- Accès en HTTPS uniquement, avec un certificat reconnu par l’infrastructure du site. L’accès HTTP est proscrit.
- Tests périodiques des sorties relais, déclenchables depuis la vue en direct de la caméra.
● Notre recommandation
Intégrez dès la conception l’alimentation EN 54-4 et le câble de contact dédié. Ce sont les deux postes qui manquent le plus souvent au chiffrage, et ils conditionnent le volume de la baie technique.
Enregistrer un parc bi-spectral
La plupart des caméras thermographiques actuelles sont bi-spectrales : un module thermique et un module visible dans le même boîtier, sur une seule adresse IP. Chaque module produit son propre flux, et c’est là que les architectures divergent.

Sur un enregistreur à voies, un parc de 18 caméras occupe 36 voies : un modèle 32 voies ne suffit pas. Sous Nx Witness, les licences se comptent par adresse IP, soit une par caméra quel que soit le nombre de flux.
L’enregistrement doit rester continu : une montée en température n’a de valeur de preuve que si l’image précède l’alarme. Avec un flux visible 4 MP en H.265 à 15 images/s et un flux thermique à 25 images/s, comptez de l’ordre de 3,75 Mbit/s par caméra, soit environ 40 Go par jour et 1,2 To par caméra pour un mois de conservation, durée maximale en vidéoprotection.
Les réglages qui font tenir le système
Une caméra conforme et bien câblée peut encore être désactivée au bout de quelques semaines si elle alarme sans cesse. Trois réglages évitent ce scénario :
- un double seuil jour/nuit, basculé par planning dans la caméra : seuil haut pendant l’exploitation, seuil bas les soirs et week-ends (voir notre article sur les seuils selon les moments de la journée) ;
- le filtre de réflexion solaire, contre les faux points chauds sur les surfaces métalliques (voir notre article sur les reflets solaires) ;
- le filtre chariot élévateur, qui écarte les engins chauds de la mesure. Sur ces modèles, il est exclusif de l’analyse vidéo VCA.
● Un point de rappel
La détection thermographique surveille des montées en température. Elle ne remplace pas un équipement réglementaire de sécurité incendie : elle intervient en amont, en complément.
En résumé
Une installation thermographique certifiée repose sur quatre vérifications : un modèle « T » couvert par un certificat en cours de validité, une portée lue sur la cible normalisée, une chaîne d’alarme câblée selon l’annexe du constructeur, et des réglages qui gardent les fausses alarmes à un niveau exploitable. Aucune ne se rattrape facilement après la mise en service.
Pour aller plus loin
- Rechercher un produit certifié sur le site du CNPP
- Appliquer des seuils de température selon les moments de la journée
- Reflets solaires et caméras thermiques : éliminer les fausses détections
- Caméras thermiques HM-TD : caractéristiques et distances de détection
- La gamme thermographique HikMicro sur notre e-shop
- Notre bureau d’études
Un projet de détection thermographique à certifier ?
Notre bureau d’études vérifie les références, les certificats et les portées de votre implantation avant le chiffrage.
ou appelez le 04 28 70 43 87
